Pierre Potier, conscrit de la loi Jourdan-Delbrel et Soldat Napoléonien

Pierre Potier, conscrit de la loi Jourdan-Delbrel et Soldat Napoléonien

Dans mon clan familial, le couple d’ancêtres « fondateurs » retrouvé jusqu’à présent, est celui de Jacques Potier époux d’Anne Jarny. Nous sommes alors à cheval entre le XVIIe siècle et le XVIIIe siècle, à la Roche sur Yon, petite province du Poitou d’antan et sous le règne de Louis XV le Bien aimé. À cette date-là, le peuple Vendéen aime autant le Roi que l’Église. Jacques Potier n’en déroge certainement pas et ne se doute point des changements qui vont se jouer quelques décennies après sa mort en 1742, lui qui aurait sans nul doute, affiché et défendu la cocarde blanche.

Trois générations plus tard, à l’aube de la Révolution et des guerres civiles de Vendée qui vont amener un nouveau régime politique, son arrière-petit-fils, Pierre Potier 2, naît à quelques km de la Roche, dans le village de Nesmy. Nous sommes le 27 juillet de l’année 1787. Celui-ci voit le jour 5 mois après le décès de son frère aîné Pierre, mort dans sa troisième année et, dont est tiré, très probablement, son nom de baptême.

AD 85 – EDépôt160/6

En 1796, Pierre perd sa mère. Il n’a alors que 10 ans. Deux ans plus tard, il accueille avec le reste de sa fratrie, sa nouvelle belle-mère, Henriette. Pierre passe son enfance à la Chevalerie, petit village de Nesmy, au sein d’une famille de cultivateurs. Il part néanmoins faire ses armes comme domestique/ métayer au Bourg sous Napoléon lorsqu’il n’est encore qu’un tout jeune adolescent.

19 fructidor an VI :  « conscription universelle et obligatoire » de la loi Jourdan-Delbrel

En 1807, alors sous le Premier Empire, Pierre a 20 ans et c’est l’âge requis pour le service militaire obligatoire. Depuis le 19 fructidor de l’an VI (5 septembre 1798), tous les Français âgés de 20 à 25 ans, mesurant plus d’1.50 m et en bonne santé, sont priés de se rendre au bureau du canton afin de procéder au tirage au sort les menant, pour les plus chanceux à retrouver leur famille et, les moins chanceux, à intégrer l’armée au service de l’Empereur. Les classes 1806, 1807, 1808 formaient un contingent de 80 000 militaires de la Grande Armée.

Le numéro 7053 est le numéro matricule attribué à Pierre Potier après que celui-ci ait tiré un « mauvais » numéro au tirage au sort. Il faut dire qu’il avait tout : Grand (1,67 m) blond et en bonne santé malgré une cicatrice sur la joue, stigmate de sa bravoure qui joua donc en sa (dé)faveur. Lui qui n’était jusque-là qu’un simple paysan, qui n’avait jamais tenu de fusil et encore moins connu la peur de mourir, le voilà enrôlé dans les armées Napoléoniennes.

Dans ce contexte, il intègre le 15e Régiment d’Infanterie de ligne. Les RI (Régiment d’Infanterie) sont composés des Régiments d’Infanterie de ligne ou dit de fusiliers et, des Régiments d’Infanterie légère d’où sont tirés les chasseurs. Pierre lui, est dit fusilier.


Uniformes des régiments d’infanterie depuis le site de Bernard Coppens : www.1789-1815.com

Le 15e régiment d’infanterie de ligne se trouve en 1808 à l’armée de Portugal et à la division d’observation des Pyrénées-Occidentales, en 1809 aux armées d’Espagne et de Portugal. De 1810 à 1812 le 15e est aux armées de Portugal et d’Espagne [1].

Archives du SHD de Vincennes Cote ou dossier : Registres matricule de Pierre Potier. Vue 179/330

Maintenant que nous connaissons une partie du parcours militaire du 15 RI de ligne, concentrons-nous sur le parcours individuel de Pierre.

La maladie plus forte que les boulets de canons

Arrivé au corps le 10 novembre 1808, il est institué fusilier soit un homme de troupe. Pendant deux ans, Pierre mène les combats au gré des campagnes. Ces conditions de vie sont éreintantes. Fort de son éducation rurale, Pierre en tant que soldat, apprend néanmoins, à bivouaquer et à se construire des lits de fortune pour un sommeil qu’on imagine être, que d’un œil. Il doit également affronter les conditions météorologiques, une alimentation ternes et des conditions d’hygiène désastreuses. Toutes cela réuni provoquent, à n’en pas douter, des maladies, pire, des contagions.

Était-il vaillant ? En tout cas, il était jeune … très jeune … trop jeune.

En 1810, on le retrouve à l’hôpital de Valladolid en Espagne. Gravement malade, Pierre décède le 8 octobre 1810, alors âgé de 23 ans. La fièvre qui l’a emporté et dont il est fait mention sur le registre de Pierre est, fort probablement due au typhus, cette maladie transmise par les poux :

l’Histoire sur les morts des soldats Napoléoniens, nous apprend que le typhus ravagea les troupes, les prisonniers, etc. La situation en 1810 est désastreuse au sein des hôpitaux en Espagne [2] et emporte Pierre ainsi que de nombreux hommes nés peu avant la Révolution et mort en campagne avant leur 30 ans, n’ayant alors connu principalement dans leur courte vie, que le conflit et dont la mort ne fut même pas glorieuse, au combat …

Trajet Nesmy – Valladolid à pied depuis https://www.google.fr/maps

Et vous, avez-vous trouvé des ancêtres au service de Napoléon ?

Sources

[1] D’après Wikipédia : (https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9organisation_des_corps_d%27infanterie_fran%C3%A7ais_(1803)

[2] « L’aigle et le pou : le typhus dans la Grande Armée * » par Henri DUCOULOMBIER *, consulté sur https://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx2014x048x003/HSMx2014x048x003x0351.pdf, novembre 2021.

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